mondiablogisation

T'as pas cent balles ou la mécanique du credit-crunch


 

Tu as besoin d'argent. Tu viens me trouver et tu me dis que tu veux m'emprunter cent balles pour acheter un appartement.

Mes conditions sont simples : tu me rembourses dix balles tous les ans pendant vingt ans, tu prends une assurance qui prendra ton relai dans les remboursements s'il t'arrive un pépin et, en sur-garantie, tu me donnes une hypothèque sur l'appartement que tu achètes avec l'argent que je te prête.

Le prix des apartements monte en flèche, l'appartement que tu achètes cent balles vaudra sans doute deux cent balles dans deux ou trois ans. C'est bon pour toi. C'est bon pour moi : si tu t'enrichis, tu seras un meilleur client pour moi, si ça tourne mal, la garantie que tu me donnes me permettra de faire un sur-bénéfice.

Car de mon côté, je n'ai pas cet argent, mais mon métier de banquier est de savoir en trouver à moins cher que ce que je te prête. Pendant que tu me rembourseras dix balles par an pendant ving ans, je rembourserai huit balles par an à ceux qui m'ont prêté les cent balles nécessaires à l'opération. La différence paiera mes frais et mon profit.

Je te connais, tu es jeune, tu as un bon job, tu gagnes quarante balles par an. Je te fais confiance. Je te prête donc cent balles, je range ta garantie au coffre-fort. Avec les garanties que tu me donnes, je peux dormir tranquille, l'affaire est réglée en deux coups de cueiller à pot. Jusque là tout va bien.

Manque de pot, ton perds ton job au bout de deux ans ou, variante, tu as emprunté à taux variable et ces idiots de taux se mettent à grimper. Dans les deux cas, qui peuvent d'ailleurs se cumuler, tu ne peux plus me rembourser chaque mois. Dans un premier temps, c'est pas grave pour moi, j'ai prêté à cent mecs comme toi. Je ferai jouer ton assurance, si ça ne suffit pas, je puiserai un peu sur mes frais et sur mes profits. Si ça se prolonge vraiment, je ferai jouer ma garantie, je prendrai ton appartement, et je le revendrai. Avec une bonne chance de plus-value.

Mais voila, les emmerdes n'arrivent jamais seules. Voila que trente ou quarante des mecs à qui j'ai prêté cent balles perdent leur job, tombent malades, font faillite, bref, ne peuvent plus me rembourser.

Pour pouvoir rembourser mon propre prêteur, il faut que je revende quelques-uns des appartements. Le premier se vend très bien, avec une sacrée plus-value. Mais ça ne suffit pas. J'en remets dix autres, d'un coup, sur le marché. Là, la moitié me reste sur les bras. Mon prêteur s'énerve. Il faut que je vende “à tout prix“. Donc je dis à mon agent qu'il peut réduire le prix.

Quand les clients potentiels voient que ça baisse, ils rechigent à acheter, font traîner. D'autant que leurs propres banquiers, qui sont dans la même situation que moi, sont réticents à prêter de l'argent, qu'il commencent à avoir du mal à rembourser eux-mêmes.

Pour faire face à mes engagements, je revends d'autres trucs : des actions pétrolières, des obligations d'Etat. Mais plus j'essaie de vendre, plus les prix baissent et moins il y a d'acheteurs.

J'appelle mes confrères. Leur moral n'est pas terrible. En fait, ils perdent confiance. Ils sont tous vendeurs. Et il n'y a plus d'acheteurs. Tout le monde veut garder ou récupérer ses sous. Du coup, l'argent devient rare, comme on dit : les banquiers, qui ne voulaient plus prêter pour des opérations immobilières, commencent à faire la sourde oreille pour prêter aux entreprises.

La crise s'étend. Invisible d'abord. De pays en pays. De secteur en secteur. Les banques centrales jugent alors urgent d'injecter des liquidités dans le système, pour rendre l'argent moins rare. Au risque de réveiller l'inflation. Cela suffira-t-il à rétablir la confiance ?

On en est là...

source: http://carnetsdenuit.typepad.com/carnets_de_nuit/2007/08/tas-pas-cent-ba.html

 

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les propheties du président Jefferson


 

Jefferson prédisait il y a 200ans:

Si le peuple américain donnait un jour aux banques le pouvoir d'émettre la monnaie, les banques et les compagnies qui en résulteraient, déposséderaient tous les gens de leurs propriétés, jusqu'a que leurs enfants se réveillent, un jour, sans abris, sur le continent que leurs pères ont occupés.

En novembre 1910, se réunissaient dans l’île jekyll, la crème des banquiers internationaux sous la houlette de JP Morgan afin d’imposer au gouvernement américain une banque fédéral PRIVEE, et ce même en violation de la constitution des Etats-Unis:
En effet, la Constitution américaine signée à Philadelphie en 1787 stipule toujours, dans son article 1, section 8, § 5, que "c'est au Congrès qu'appartiendra le droit de frapper l'argent et d'en régler la valeur".
Ce genre de détail n’arrête certainement pas un banquier comme JP Morgan, a qui l’on doit cette fameuse réplique :
" Je n'ai nul besoin d'un avocat qui me dise ce que je n'ai pas le droit de faire. Je le paie pour qu'il me dise comment faire ce que je veux faire. " Avec M. JP Morgan, tout est possible.
Alors que cette année 2 millions d’américains vont se retrouver sans toit, que la crise du « subprime » doit continuer pendant encore au moins deux ans, il semble qu’une certaine face d’ombre est volontairement « occultée » dans la crise actuelle.
Tant elle ressemble a celle de 1929, qu’il me semble opportun d’exhumer l’intervention d’un sénateur américain sur les conséquences de cette même crise, qui ne l’oublions pas fut un des moteurs de la 2eme guerre mondiale :
Après le grand crash boursier de 1929, M. Louis T. Mc Fadden, membre de la Chambre des Représentants au Congrès, a accusé la Fédéral Réserve Board d’avoir intentionnellement déclenché la catastrophe et a demandé qu'il soit procédé à des investigations sur " l'une des plus grandes conspirations CRIMINELLES économiques de tous les temps ".
Le 10 juin 1932, il écrivait : " Monsieur le Président, nous avons dans ce pays une des institutions les plus corrompue que le monde ait jamais connue. Je me réfère à Fédéral Reserve Board et à Fédéral Reserve Bank. La F.R.B. et la F.R. agissant ensemble ont appauvri et ruiné les gens des Etats-Unis (...) et ont pratiquement mis en faillite notre Gouvernement. "

Pour terminer je vous joint la liste des personnages présent sur l’île jekyll, pour la mise en place de la FED, et le partage……..du gâteau

JP Morgan
Paul Warburg, pour le compte de Rothschild bank
Benjamin Strong: Morgan Trust
Abraham Platt: trésor US
Frank Vanderlip: president de la Citibank
Charles Norton: president de la First National Bank
Nelson Aldrich: senateur

 

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MONNAIE: Grandeur et décadence du roi dollar


 

Le dollar, naguère moteur de l’économie mondiale et passage obligé dela plupart des transactions commerciales à l’échelle de la planète, esten passe de descendre de son piédestal, suite à une chute interminablede sa valeur au fil de ces dernières années. Depuis l’année 2002, aucours de laquelle il a connu une importante flambée, le billet vert achuté de 20 points dans un panier de devises qui comprend la roupie, ledollar canadien et le réal brésilien, avec 3% de cette chuteenregistrée au cours des trois derniers mois de 2007.
En d’autres époques, une dégringolade de cette cadence de la monnaiereine, aurait provoqué sinon un séisme planétaire du moins un vent depanique sur toutes les places fortes de la finance. Si de telsscénarios ne se sont pas produits, c’est que les Etats-Unis ont perduleur statut de première puissance unilatérale.
Mais la situation économique mondiale est meilleure qu’elle ne l’ajamais été depuis des années grâce à la résurgence de l’Europe(entraînée par l’Allemagne), la renaissance du Japon et le poidsgrandissant de la Chine et de l’Inde. Il y a quelques semaines, leKoweït a abandonné l’arrimage de sa monnaie au dollar, suivi, entreautres, par la Chine, la Russie et la Malaisie. Ces économiesémergentes se sont libérées des contraintes d’une politique monétaireaméricaine spécialement conçue pour une économie tournant au ralenti.Elles peuvent, fixer désormais des taux d’intérêt en fonction de leurspropres objectifs de croissance.
La chute du dollar a eu plusieurs autres incidences. Des pays commel’Iran, l’Irak, la Libye, le Vénézuela et la Russie envisagentdésormais de vendre leur pétrole en euros plutôt qu’en dollars, pourdes raisons politiques d’une part, mais aussi parce qu’une grandepartie de leurs importations viennent d’Europe. Parallèlement, lesbanques centrales de ces pays, devenues moins sensibles aux variationsdu dollar, peuvent abandonner les bons du Trésor américains pour selancer dans des investissements plus productifs à meilleur rendement.Dubaï, Bahreïn et même l’Arabie Saoudite ont commencé déjà par injecterde l’argent autrefois consacré aux réserves en devises dans des projetsd’investissement nationaux.
Au final, la baisse lente et progressive du dollar a, paradoxalement,des effets bénéfiques non seulement sur l’économie mondiale, mais aussisur l’économie américaine, elle-même. L’économie mondiale sera pluséquilibrée, car la croissance ne reposera plus sur les consommateursaméricains, mais aussi sur l’industrie chinoise, les investissementsdes pays arabes riches et la nouvelle classe moyenne indienne. Quantaux Etats-Unis, un dollar bon marché permet de contrer une importantemenace : l’énorme déficit de la balance commerciale US.

source: tunis hebdo

 

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La fin du Consensus de Washington


 

Le« Consensus de Washington » est la table de la loi énonçant les dixcommandements du libéralisme qui déterminent depuis 20 ans lespolitiques économiques mondiales. Aujourd’hui, la Banque Mondiale,jusqu’alors fervente adepte du dogme, nous annonce que, désolée, elles’est trompée, que ces régles sont néfastes, et qu’il faut restaurer lerôle de la puissance publique.

A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté parThatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et sestables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste enchef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sousle nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dixcommandements auxquels devaient désormais se plier les états, et quiimposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’aprèsguerre.

Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction desdépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations endehors desquelles ils n’existait point de salut.

Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, àla fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait,et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations,devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reaganavait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors deson discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pasla solution, c’est le problème ».

L’adoption par les institutions, comme le FMI et laBanque Mondiale, et les élites mondialisées de cette charte libérale aentraîné des conséquences considérables, tant dans nos sociétes quedans les pays en développement. En Europe, le principe de la« concurrence libre et non faussée », au coeur du Traité de Maastricht,qui a acté la mort des services publics, et l’interdiction de mener unepolitique industrielle, n’a pas d’autre origine, ni d’autrejustification.

Dans les pays du sud, les effets du Consensus deWashington, ont été bien plus catastrophiques. Les politiques nomméespar euphémisme "Ajustements Structurels" exigées des pays endéveloppement en échange de la renégociation de leur dette par le FMIet la Banque Mondiale ont conduit entre autres à la fin del’encadrement des prix des aliments de base, et à la privatisation del’eau, avec une explosion de leurs tarifs. L’auteur de ces lignes aentendu Abou Diouf, l’ancien président du Sénégal, relater comment lesenvoyés du FMI exigeaient de lui qu’il augmente le prix du lait dansson pays, afin de pouvoir bénéficier de l’aide internationale.

Pendant vingt ans, toutes les voix critiques remettanten cause ces choix ultra libéraux ont été ignorées ou qualifiées derétrogrades - le débat autour du referendum européen nous en a fournile dernier exemple en date.

Pendant vingt ans, armés de leurs certitudes, leshommes du FMI et de la Banque Mondiale ont accru les difficultésquotidiennes de centaines de millions d’hommes et de femmes des pays dusud. Au nom de de leur dogme, ils ont conduit l’Argentine à la ruine,plongé la Russie dans une crise sociale sans précédent, dont ellecommence tout juste à se relever grace aux revenus de ses réservesénergétiques dont elle a « osé » reprendre le contrôle en contraventionavec la règle du laisser faire. Au nom de ces mêmes dogmes l’Europes’est privée de politique industrielle, de la maitrise de sesinfrastructures, de son énergie, de ses transports.

Devant les catastrophes sociales provoquées par cettenouvelle religion du libre échange, dont les bénéfices pour le plusgrand nombre se font toujours attendre, bien que les revenus desprivilégiés atteignent, eux, des niveaux stratosphériques, des voixdissidentes sont enfin parvenues à se faire entendre, qui ont osé direce que beaucoup pressentaient : le roi est nu. Non seulement les règlesdu Consensus de Washington n’ont pas produit les résultats promis parleurs adeptes, mais les effets néfastes nés de leur application sont deplus en plus criants.

Et la charge la plus sévère est venue du coeur dusystème. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie et Vice Président de laBanque Mondiale, démissionne en 2000 de son poste et fait le procés despolitiques prônées par l’institution qu’il qualifie de « solutionsarchaïques et inadaptées, sans tenir compte des effets qu’ellesauraient sur les habitants des pays ». Dans son livre La Grande Désillusion,publié en 2003, il décrit comment l’application du Consensus deWashington a produit les effets inverses de ses objectifs affichés, encausant un enrichissement accru pour le nord et des difficultés sansnombre pour le sud [1].

Aujourd’hui, Le Monde s’est procuré la version préliminaire du prochain Rapport mondial annuel sur le développement,préparé par la Banque Mondiale, et oh, surprise, les conclusions deStiglitz sont reprises par l’institution, qui juge désormais quel’intervention de l’état dans les pays pauvres est nécessaire pour« encadrer et soutenir la paysannerie », remettant du même coup encause sa doctrine de « l’ajustement structurel ».

Redécouvrant bien tardivement que la petite agriculturenourrit un tiers des 6 milliards d’habitants de la planète, le rapportconstate que celle-ci a été « sous-utilisée », pire encore, « avec ladomination de l’industrialisation dans le débat politique, ledéveloppement par l’agriculture n’a souvent même pas été considérécomme une option », et « les bailleurs de fond ont tourné le dos àl’agriculture », ce qui a conduit à des « coûts élevés pour lacroissance, le bien être et l’environnement ».

Le Monde cite l’appréciation portéepar Michel Griffon, un spécialiste de l’agriculture et du développementdurable, qui se réjouit de voir publier un document qu’il « attendaitdepuis plus de vingt ans, depuis que les politiques d’ajustementstructurel ont balayé les politiques publiques agricoles antérieuressans les remplacer ».

Vincent Ribier, expert dans le même domaine, rappelleque « les politiques néo-libérales d’ajustement structurel » ont eu un« impact très direct et très négatif sur le monde rural dans les payspauvres ».

Effectuant un revirement a 180°, la Banque Mondialeconstate que les dépenses publiques en direction du monde agricole ontbaissé depuis 1980, de 1,5% en Afrique, 7,4% en Amérique Latine et 5%en Asie, et juge désormais nécessaire de relancer ces aides, eninsistant sur le fait que la croissance agricole est « très dépendantedu soutien du secteur public ».

M. Ribier, qui a participé récemment à une réuniond’experts au Quai d’Orsay sur le rapport, y voit « la fin du consensusde Washington ».

Reste maintenant pour l’Europe à entreprendre elleaussi sa révolution copernicienne, en rangeant cette religion àlaquelle même ses clercs les plus zélés ne croient plus, à la placequ’elle n’aurait jamais du quitter : celle d’une extravaganceidéologique .



source: contreinfo.info

 

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Coûts, méfaits et dangers du dollar


 

Ceux qui utilisent ledollar à l’extérieur des États-Unis payent en permanence unecontribution aux États-Unis. Celle-ci consiste en une inflation de 1,25millions de dollar par minute. C’est le résultat de la croissancerapide de la dette extérieure des États-Unis. La moitié de leursimportations est simplement rajoutée à la dette extérieure et est payéepar les détenteurs de dollars à l’étranger par l’inflation. En outre,ces détenteurs ne semblent pas conscients, que le cours du dollarqu’ils contemplent, n’est guère plus qu’une façade lézardée. S’ils necomprennent pas ce qui la retient encore debout, ils risquent de larecevoir sur le nez par surprise.Entretemps, bien camouflé, le dollar est au centre de divers conflitsdes États-Unis.


Contenu :

1. Demande mondiale de dollars

2. Achats gratuits pour les États-Unis

3. En faillite et continuer quand-même

4. Réserves de dollars du Japon et de la Chine

5. Conflits camouflés

6. Comment vole-t-on des réserves de pétrole ?

7. Euro versus dollar

8. Cellules cancérigènes vertes


1. Demande mondiale de dollars

Jusqu’à 1971 : dollar = or

Jusqu’en 1971 chaque US-dollarreprésentait un poids fixe en or. Les États-Unis disposaient d’énormesréserves d’or, qui couvraient la totalité de la quantité de dollars misen circulation. Quand des banques étrangères avaient plus de dollarsqu’elles ne voulaient, elles pouvaient les échanger contre de l’or.C’était la raison la plus importante pourquoi le dollar était acceptépartout dans le monde.

Depuis 1971 : le pétrole de l’OPEP est payé en dollars

En 1971, la valeur du dollar a étéséparée du poids fixé en or. En fait, c’était une mesure de détresse duprésident Nixon. La guerre du Vietnam avait vidé les caisses de l’état.Les États-Unis avaient imprimé plus de dollars que ne leurpermetttaient leurs réserves d’or. Depuis lors, la valeur du dollar estdéterminée par la loi de l’offre et de demande sur les marchés dechange.

A cette époque, les États-Unisproduisaient encore assez de pétrole pour leur propre consommation.Pour protéger leurs propres entreprises pétrolières, ils avaientinstauré des limitations d’importation de pétrole. En échange de lalevée des limitations, les pays de l’OPEP promettaient de ne plusvendre leur pétrole qu’en dollars. Déjà à l’époque le dollar était lamonnaie la plus utilisée dans le commerce mondial. Donc rien despécial ?

Tous les pays ont besoin de dollars

Depuis 1971, tous ceux qui souhaitent importer du pétrole doivent d’abord acheter des dollars. [1]Et voici que la fête commence pour les États-Unis. Quasiment tout lemonde a besoin de pétrole, donc tout le monde veut des dollars.

Les acheteurs de pétrole du mondeentier donnent leurs yens, couronnes, francs et autres monnaies. Enéchange ils reçoivent des dollars, avec lesquels ils peuvent acheter dupétrole dans les pays de l’OPEP. Ensuite, les pays de l’OPEP vontdépenser ces dollars. Bien entendu ils pourront faire cela auxÉtats-Unis, mais également dans tous les autres pays du monde. Eneffet, tout le monde veut des dollars, car tout le monde aura denouveau besoin de pétrole.

2. Achats gratuits pour les États-Unis

Dans ce commerce de pétrole, il y abesoin d’une quantité importante de dollars. Beaucoup de ces dollars neservent que dans le cycle à l’extérieur des États-Unis, c’est à direentre les autres pays au monde et les pays de l’OPEP.

Cycle du dollar

Au début il n’existait pas assez de dollars pour cela. Ils devaient être imprimés aux États-Unis. [2]Cela leur coûtait du papier et de l’encre verte. Ensuite, ces dollarsdevaient être mis à disposition à l’étranger, là où les acheteurs depétrole en avaient besoin. Et c’est ici qu’arrive le bénéficegigantesque. En effet, il n’existe qu’une façon de mettre ces jolisbillets neufs à disposition à l’étranger : les États-Unis vont fairedes achats avec. Et puisque cette quantité de dollars reste enpermanence en usage à l’étranger, les États-Unis ne fournissent rien enéchange. Leurs achats sont donc gratuits !

Ces achats gratuits se perpétuent. Dèsqu’il faut plus de dollars dans le commerce de pétrole, par montée deprix ou de volume, ce sont des bénéfices pour les États-Unis.Cela ne se limite pas aux croissances dans le commerce de pétrole, maisvaut également pour l’usage du dollar dans le reste du commercemondial. La globalisation, le libre commerce mondial, la privatisationmondiale des services publics, comme par exemple les services de gaz,eau, électricité, téléphone et transports publics, engloutissent desquantités énormes de dollars. C’est toujours plus de dollars quidisparaissent aux quatre coins du monde. Et en premier lieu celasignifie à chaque fois des achats gratuits pour les États-Unis !

Dette

Évidemment ceci implique que lesÉtats-Unis créent des dettes avec tous ces achats gratuits. Car, unjour, l’étranger pourrait venir faire des achats aux États-Unis avectous ces dollars, et alors, finalement, les États-Unis devraientfournir quelque chose en échange.

Bilan commercial

Imports-Exports US 2004

Pour ne pas courir de risque, lesÉtats-Unis devraient prendre soin de maintenir l’équilibre entre leursimportations et leurs exportations. A partir de 1971, date à laquelleune quantité accrue de dollars avait été mise en circulation, il n’y aqu’en 1973 que les ventes ont dépassé les achats. Ensuite ce fût ladescente et les États-Unis vivaient de plus en plus au crochet du restedu monde. [3] Pour la seule année 2004, le déficit sur le bilan commercial était de 650 milliards de dollars ! [4]Sur une population de 300 millions, cela veut dire que chaque citoyendes États-Unis a acheté pour 2.167 dollars de marchandises étrangères,pour lesquelles il n’a pas payé.

Bilan commercial 1960-2004

Face à ce déficit du bilan commercial,il n’y a pas eu d’amélioration sur le bilan des paiements. La detteextérieure des États-Unis s’est donc accrue de 650.929.500.000 dollarsen une année. Cela revient à 1,25 millions de dollars par minute !

Le déficit du commerce extérieur desÉtats-Unis est le plus important dans son commerce avec la Chine (162milliards de dollars), le Japon (76), le Canada (66), l’Allemagne (46),le Mexico (45), le Venezuela (20), la Corée du Sud (20), l’Irlande(19), l’Italie (17), la Malaisie (17). [5]

Le cours du dollar

Tout autre pays, qui achète plus qu’ilne vend, verra diminuer la valeur de sa monnaie. Quand on ne peut pasacheter grand-chose avec une monnaie, la demande baisse, comme soncours sur le marché de change. Mais ce qui vaut pour les autres pays,ne vaut par pour les États-Unis. Le monde entier a tant besoin dedollars pour acheter du pétrole qu’il y a toujours de la demande.

Les États-Unis consomment ¼ de laproduction de pétrole mondiale. Quand le cours du dollar monte, seul leprix pour les autres ¾ de consommateurs de pétrole monte. Pour lesÉtats-Unis le prix ne bouge pas.

Quand le prix de l’OPEP monte, il fautrajouter des dollars dans le cycle. Si la consommation reste la même,ils peuvent être imprimés et rajoutés à la circulation, sans que lecours du dollar ne baisse.

En 2004, les États-Unis produisaient lamoitié du pétrole qu’ils consommaient, l’autre moitié (1/8 de laconsommation mondiale de pétrole) était importée. De tous les dollarssupplémentaires qui sont nécessaires lors d’une augmentation des prix àl’OPEP, 7/8 sont donc nécessaires à l’extérieur des États-Unis. Achaque augmentation des prix du pétrole, les États-Unis peuventfinancer leur propre augmentation du surcoût grâce à des billets neufset, simultanément, fournir sept fois plus de dollars à l’étranger.Donc, à nouveau, faire des achats gratuits et créer des dettessupplémentaires (la dépendance des importations de pétrole s’accroîtrapidement ; en 2006 les États-Unis devaient importer déjà 60 pourcentde sa consommation).

Les États-Unis disposent de quantité detours de passe-passe pour maintenir le cours du dollar. Quand, àl’étranger, l’utilisation du dollar augmente, il leur suffit d’attendreun peu pour réagir à la demande accrue pour voir les cours monter. LesÉtats-Unis peuvent mettre plus de dollars en circulation quand le coursmonte trop. Ils peuvent racheter des dollars eux-mêmes quand la demandebaisse. Par exemple en vendant des obligations, comme des bons duTrésor. Pour les États-Unis cela entraîne cependant des frais : lesintérêts. Tous ces intérêts réunis sont déjà tellement élevés, qu’ilsdoivent chaque fois faire de nouveaux emprunts pour les payer. La dettedes États-Unis s’accroît de plus en plus vite.

3. Faillite et continuer quand-même

Sur http://www.babylontoday.com/national_debt_clock.htmon peut voir le dernier chiffre de la dette et la vitesse à laquelle ilgrimpe par seconde… 45% de cette somme sont dûs à des créanciersétrangers. La dette extérieure est tellement élevée, que les États-Unisne peuvent plus la rembourser. Les États-Unis sont en faillite.

Malgré cela les dollars sont achetés etvendus comme avant. Pour les achats de gaz et de pétrole, ils sonttoujours nécessaires. Trompé par le cours du dollar, qui semble enbonne santé, le commerce mondial continue à faire ses affaires endollars. Business as usual ?Suivant la logique habituelle de l’économie, un cours plus bas devraitaboutir à plus d’exportations et moins d’importations. C’est que lesacheteurs étrangers peuvent acheter moins cher. Cependant, aussilongtemps que les vendeurs étrangers sont assez fous pour accepter desdollars, ce n’est pas un problème pour les États-Unis d’émettre un peuplus de ces billets verts. Donner quelques dollars de plus pour deschaussettes Chinoises ou pour des articles électroniques du Japon ?Aucun problème. Les États-Unis laissent simplement monter leur detteextérieure un peu plus vite. Plus de dollars pour un même article, celaveut dire inflation. Et 1% d’inflation signifie en même temps que lavaleur de la dette déjà existante diminue d’1%. Donc, les États-Unisn’ont aucun intérêt à freiner leurs importations.

Dans le commerce du pétrole une baissedu dollar est généralement suivi de sa conséquence logique. A la longueles exportateurs de pétrole n’accepteront pas une valeur moindre pourleurs ventes. Si le cours du dollar baisse de 10%, il est quasimentcertain que les prix du pétrole augmenteront de 10% de sorte que lavaleur reste au moins identique.

S’il n’y a plus besoin de dollars pouracheter du pétrole, le reste du monde n’aura aucun avantage à se servirencore du dollar. Que des désavantages. Le dollar ne représente plusd’équivalence or et la dette extérieure gigantesque conduira à laconséquence logique : le cours du dollar chutera. Et quand lesétrangers n’accepteront plus de dollars, les États-Unis ne pourrontplus imprimer de dollars pour vivre aux crochets du reste du monde. Ilsne pourront plus entretenir leur armée coûteuse. Ils perdraient leurinfluence.

Dissolution de la dette

La chute du dollar aura un effetsecondaire miraculeux pour les États-Unis. Quand le dollar ne vaudraplus rien, la dette extérieure aura disparu du même coup. En effet,celle-ci est composée de dollars se trouvant à l’étranger. A l’extrême,il atteindront la valeur du vieux papier. Hélas, la chute du dollarsera accompagnée également de la faillite des banques, entreprises etorganisations internationales, ... qui ont lié leur sort à celui dudollar.

4. Réserves de dollar du Japon et de la Chine

Un groupe important d’acheteurs dedollars est formé par les banques centrales de différents pays. Lesbanques centrales gardent des réserves stratégiques. Ce sont desréserves en monnaie étrangère, avec lesquelles ces banques peuventracheter leur propre monnaie, si jamais de grosses quantités sontproposées sur les marchés de change. Ainsi, elles peuvent empêcher quele cours de leur monnaie chute. De préférence elles gardent cesréserves dans la monnaie la plus acceptée au monde, jusqu’ici ledollar. Mais en Chine, au Japon, et également à Taïwan et en Corée duSud, ces réserves de dollar sont montées loin au dessus de ce qui eststratégiquement nécessaire. [6]

Ce n’est pas tant parce que ces banquesaiment garder les dollars. Au contraire. Ces pays exportent beaucoupet, en conséquence, des masses de dollars affluent. Ils doivent êtreéchangés contre de la monnaie locale pour régler les travailleurs etles matières premières. Si la demande d’argent locale pousse son coursvers le haut, les produits deviennent plus chers pour l’étranger.Ainsi, pour ne pas mettre en danger la position d’exportation du pays,les banques centrales essayent de garder le cours de la monnaie stable.Et c’est pour cela qu’elles achètent massivement ces dollars, évitantainsi que le cours de leur propre monnaie n’augmente.

Pour ces pays c’est un gros problème.Pour tous ces dollars stockés, les banques centrales émettent del’argent local. Donc, en fait, les travailleurs reçoivent del’inflation en échange de leurs produits exportés. [7]

De cette manière ils exportent des moisde travail et de matières premières en échange de rien. Aux les banquescentrales, ces dollars ne rapportent quasiment rien. Ils peuvent certesêtre échangés contre des obligations, comme des bons du Trésor, etrapporter quelque intérêt. Mais même ces intérêts ne payent endéfinitive qu’eux-mêmes, puisque les États-Unis les payent simplementavec une nouvelle augmentation de leur dette extérieure.

Pendant ce temps, la valeur de tous cesdollars stockés est tributaire des fluctuations du cours sur lesmarchés de change. Et en plus, à cause de la dette extérieuregigantesque des États-Unis, le dollar menace d’imploser à tout moment.Ces banques centrales sont donc coincées entre la nécessité de sedéfaire de ces réserves de dollars, la nécessité d’acheter des dollarspour maintenir le cours de leur propre monnaie et, éventuellementd’acheter des dollars quand le cours du dollar risque de chuter sur lesmarchés de change mondiaux. Pendant ce temps, les États-Unis laissentmonter leur dette extérieure de plus en plus vite. Combien de tempscela peut-il encore continuer ?

Des experts de l’Asian Development Bank estiment que le cours du dollar devrait descendre de 30 à 40%. [8]Une telle baisse comporte le risque qu’un nombre important de banqueset d’entreprises vendent leurs dollars au plus vite et que même lesbanques centrales ne veuillent ou ne puissent plus empêcher la chutetotale du dollar. Celui qui vend ses dollars en premier a de la chance,celui qui attend n’a plus qu’à calculer ses pertes.

5. Conflits camouflés

Pour maintenir la demande permanente dedollars, les ventes de pétrole doivent rester en dollars. C’est pourcela que les États-Unis essaient de garder le plus d’influencepossible, d’une part sur le marché du pétrole, d’autre part sur lesdirigeants locaux. De cette façon ils sécurisent simultanément leurapprovisionnement en pétrole. Et, pour les dirigeants chez les locaux,il y a des contrat lucratifs à obtenir avec lesquels on peuts’approprier un maximum de bénéfices sur la production de pétrole.

La peur gagne toujours sur la raison

Mais quand ces dirigeants locaux neveulent plus vendre leur pétrole en dollars, les États-Unis ont unproblème. Dans ce cas, le président des États-Unis n’expliquera pascombien son pays est dépendant de la demande de dollars. Le conflitsera donc toujours camouflé. Pour cela, systématiquement, un thèmeémotionnel sera choisi. Autrefois c’était le danger communiste,aujourd’hui c’est le danger terroriste, fondamentaliste et autres peurspopulaires telle que comme « l’ennemi a de armes de destructionmassive » ou « l’ennemi essaie de fabriquer des armes nucléaires ».Qu’il n’existe, rationnellement, aucune preuve, est sans importance.Les émotions l’emportent toujours. Même le fait, que les accusationssoient inversées, preuves à l’appui, n’est remarqué par quasimentpersonne : les États-Unis ont des armes de destruction massives et lesont déjà utilisé ; les États-Unis ont des armes nucléaires et les ontdéjà utilisé. En 2006 ils ont encore menacé d’en faire usage. Mais,encore une fois, à partir du moment où les accusations sont chargéesémotionnellement, l’humain débranche son intelligence. La raison n’estplus un argument pour maintenir la paix. Le théâtre ne se concentreplus qu’au tour des accusations. Et puisqu’aucun spécialiste d’armes dedestruction massive ou d’armes nucléaires n’a la parole, pratiquementpersonne ne découvre le problème réel des États-Unis. Faisons un tourpour voir quelques conflits de plus près.

Le Vénézuéla

Au Vénézuela les États-Unis essaientdepuis de longues années de faire tomber le président Chavez, avec leprétexte qu’il est un dangereux communiste. Chavez a nationalisél’industrie du pétrole et exporte une partie de son pétrole entransactions d’échange, comme par exemple du pétrole contre des soinsmédicaux avec Cuba. Dans les transactions d’échange il n’y a pas besoinde dollars et les États-Unis ne peuvent pas profiter.

L’Irak

Jusqu’à 1990, les États-Unis avait descontacts commerciaux lucratifs avec Saddam Hussein. Saddam était un bonallié, qui, en 1980, avait tenté de libérer le personnel à l’ambassadedes États-Unis à Téhéran. En 1989, Saddam accusait le Koweit d’inonderle marché de pétrole et de faire tomber les prix. En 1990, Saddamannexait le Koweit . Cela provoquait un retournement immédiat del’attitude des États-Unis. Avec l’annexion du Koweit, Saddam disposaitde 20%des réserves de pétrole mondiales. Les Irakiens sont donc chassésdu Koweit par les États-Unis, soutenus par une coalition de 134 pays,et mis au pain et à l’eau pendant dix ans dans le cadre d’un embargodes Nations Unies.

Bien que les États-Unis aient songédepuis des années à une manière de rétablir leur influence en Irak, lepassage à l’euro de Saddam, le 6 novembre 2000 [9],devait rendre la guerre inévitable. Le dollar s’enfonçait et en juillet2002 la situation devenait tellement critique que le Fonds MonétaireInternational avertissait que le dollar risquait de s’effondrer. [10] Quelques jours plus tard, à Downing Street (Londres), les plans d’attaque étaient discutés. [11]Le mois suivant, le vice-président Cheney proclamait qu’il étaitdésormais certain que l’Irak disposait d’armes de destruction massive. [12]Utilisant ce prétexte, les États-Unis envahissait l’Irak le 19 mars2003. Le 5 juin 2003, ils rétablissait les ventes de pétrole irakien endollars. [13]

L’Iran

Avec l’Iran, les États-Unis sont déjàen conflit depuis qu’ils ont perdu leur influence sur la production depétrole iranienne en 1979. D’après les États-Unis, l’Iran est un paysde fondamentalistes dangereux.

La position géographique de l’Iran,entre la Mer Caspienne et l’Océan Indien, compliquait les ambitions desÉtats-Unis pour exploiter les riches réserves de gaz et de pétrole ducôté est de la Mer Caspienne. Pour transporter ce gaz et ce pétrolevers les marchés mondiaux, sans passer par la Russie ou l’Iran, despipelines devaient être construits à travers l’Afghanistan. Cela arésulté en plusieurs conflits d’intérêt avec l’Iran. George W. Bushallait prétexter la présence d’Osama bin Laden pour commencer uneguerre contre l’Afghanistan. [14]

En 1999, l’Iran annonçait publiquementqu’il était également prêt à accepter des euros pour son pétrole.L’Iran vend 30% de son pétrole à l’Europe, le reste surtout à l’Inde età la Chine, et pas une goutte aux États-Unis suite à l’embargo que lesÉtats-Unis ont eux-mêmes établi. Malgré les menaces de Bush, quimentionnait le pays dans son fameux « axe du mal », l’Iran a commencé àvendre du pétrole en euros à partir du printemps 2003.

Ensuite l’Iran voulait égalementétablir sa propre bourse de pétrole, indépendante de l’IPE et du NYMEX.Elle devait ouvrir ses portes le 20 mars 2006. Compte tenu de lafaiblesse du dollar à cette époque, un succès de cette bourse mèneraitau désastre pour le dollar et donc des États-Unis. Au début de 2006,les tensions ont sérieusement monté.Finalement l’ouverture de la bourse a été retardée. Au plus vite, leprésident Poutine a alors ouvert une bourse en Russie, qui faisaitperdre l’intérêt de cette bourse iranienne. [15]

Les États-Unis accusent l’Iran devouloir fabriquer des bombes nucléaires. Ce n’est pas nouveau. L’Iranet d’autres pays arabes se sentent en effet menacés par l’arsenalnucléaire d’Israël, qui n’est pas membre du Traité deNon-Prolifération. En 1981, Israël avait bombardé la centrale nucléairequasi-achevée à Osirak, en Irak. Depuis, plusieurs pays arabesenvisagent de se munir d’armes nucléaires pour contrer la menaceisraélienne. [16]

Il peut sembler étrange, qu’un paysdisposant de pétrole veuille de l’énergie nucléaire. L’Iran exporte dupétrole brut, mais importe des produits pétroliers raffinés. Ceux-cisont nécessaires pour l’éclairage, le chauffage, le transport etl’industrie de sa population croissante. Pour beaucoup d’iraniens, leprix réel de ces produits serait trop élevé. C’est pour cela, qu’ilssont vendus bon marché, et à perte pour le Trésor iranien. Le passage àl’électricité doit fournir de l’énergie à un prix abordable à tout lepays. L’Iran a besoin des revenus de ses exportations de pétrole pourfinancer les importations de beaucoup d’autres produits, dont le pays abesoin.

Les centrales iraniennes semblent unecible privilégiée pour ses adversaires. Si elles étaient détruites,l’Iran devrait se résoudre à consommer son pétrole au lieu del’exporter en euros. Dernièrement, le chef de l’AIEA, ElBaradei, a misen garde ces adversaires, pour qu’ils n’attaquent pas les centralesiraniennes. [17] .

Aujourd’hui, en prenant l’Iran commeprétexte et comme test, un coup fourré a été concocté. Ensemble avecles autres pays dotés d’armes nucléaires, plus l’Allemagne et le Japon,les États-Unis veulent s’emparer du marché mondial des combustiblespour centrales nucléaires. Avec ce plan, la demande de dollars seraitassurée pour une période longue, même au delà de l’aire du pétrole. [18]

La Russie

Depuis 2006, la Russie a également tourné le dos au dollar. [19]En vendant le surplus de dollars aux banques centrales, le présidentPoutine a pris soin que cela n’ait pas de conséquences sur le cours dudollar. Cependant, la base pour la demande mondiale de dollars a biendiminué. Les États-Unis ont besoin de la Russie pour le holdup sur lemarché des combustibles nucléaires, donc des représailles semblent peuprobables.

6. Comment vole-t-on des réserves de pétrole ?

Il y a encore un autre aspect à l’abusdu dollar. Pendant les manifestations contre l’invasion par lesÉtats-Unis de Irak, la plupart des manifestants comprenaient qu’il nes’agissait pas d’armes de destruction massive. L’Irak a la deuxièmeplus grande réserve de pétrole au monde. Les manifestants se rendaientcompte que les États-Unis étaient après le pétrole irakien. C’est vrai,mais comment peut-on voler des réserves de pétrole qui se trouvent sousterre et sont si gigantesques qu’on ne peut les emporter ?

On le fait donc avec la monnaie. Enimposant, que ce pétrole ne soit vendu qu’en dollars, les États-Unis endeviennent d’un seul coup propriétaires. Les États-Unis sont les seulsqui ont le droit d’imprimer des dollars et pourront en disposerlibrement à tout moment. Les autres pays qui veulent acheter du pétroleen Irak, doivent d’abord acheter des dollars. En fait, c’est à cemoment-là qu’ils le payent aux États-Unis. Les dollars qu’ils achètentsont des droits pour se faire livrer une certaine quantité de pétrole(comme chez Ikea quand on achète un meuble : d’abord on règle à lacaisse et on reçoit un bon, avec ce papier on peut se faire livrer à laporte des marchandises à l’arrière du magasin). Les dollars sont doncdes bons pour du pétrole. Et parce que tout le monde a toujours besoinde pétrole, tout le monde veut avoir ces bons.

Le passage à l’euro de Saddam Husseinau début de novembre 2000 n’était donc pas seulement une attaque ducours du dollar, mais impliquait également, que les États-Unis nepourraient plus disposer librement de la deuxième plus grande réservede pétrole mondiale. Les États-Unis devaient acheter des euros pour endisposer. Depuis le rétablissement de la vente de pétrole irakien endollars, le 5 juin 2003 [20], les États-Unis ont donc de nouveau, au moins financièrement, la libredisposition du pétrole irakien. Encore faut-il des hommes de paille àla tête du pays et empêcher que le commerce de pétrole irakien netourne à nouveau le dos au dollar. Cela s’avère plus facile à dire qu’àfaire.

L’économie du dollar

L’économie du dollar ne se limite pasaux frontières des États-Unis. Il n’y a pas que les réserves de pétrolelabellées en dollars, qui en font partie. Également les entreprises,banques et investissements payés en dollar en font partie, peu importeoù ils se trouvent. Ils sont comme des îlots de l’économie du dollar.Les bénéfices et dividendes retournent à leurs propriétaires. Parailleurs la valeur de ces investissements est influencée par le coursd’échange du dollar. Les vendeurs de pétrole, qui vendent en dollars,sont des acteurs dans l’économie du dollar et se comportentgénéralement comme de représentants parfaits des intérêts desÉtats-Unis. Ils considèrent cela comme leur propre intérêt.

7. Euro versus dollar

Depuis janvier 1993, l’euro est côté.En juin 2005, le cours est le même que lors de l’introduction : $ 1,22.La nouvelle monnaie a déjà connu des fluctuations multiples durant sacourte vie. A partir de 1998, l’euro s’enfonçait de plus en plusjusqu’à ce que Saddam Hussein passe à l’euro. Bien que le commerce depétrole irakien ait été rétabli en dollars en juin 2003, l’avancée del’euro continuait. L’Iran avait commencé à vendre son pétrole en euros.

Cours de l'Euro 1993-2005

L’euro s’est développé en une petitemonnaie mondiale. Entre juillet 2004 et juillet 2005, la part du dollardans le commerce mondial est descendue de 70% à 64%. Un peu moins deces 64% concernent la part des États-Unis dans le commerce mondial.Mais si l’euro veut devenir aussi important que le dollar, il a encoredu chemin à parcourir.

Euro mêmes désavantages que le dollar

En principe, l’euro connaît les mêmesrisques que le dollar. Tant qu’il y aura un moteur permanent pour unedemande d’euros, comme par exemple des ventes de pétrole en euros, lazone euro pourrait faire des dettes et les laisser grandir sans fin.

Pour éviter des dettes, l’euro-zonedevrait garder dans ses coffres une quantité équivalente en monnaiesétrangères à la valeur des euros hors d’Europe. Pourquoi leferait-elle ? Le tour de passe-passe du crédit sans fin fonctionne déjàdepuis plus de 30 ans sans problèmes pour les États-Unis !

Si les pays producteurs de pétrolevendent leur pétrole en deux ou trois devises différentes, comme il aété envisagé, cela signifie seulement que les trois pays concernéspourront faire le même tour de passe-passe que les États-Unis. A lalongue cela multiplierait les problèmes par trois. La seule solutionpour ce problème serait que les pays producteurs de pétrole acceptenttoutes les devises sur le marché. Téhéran a déjà envisagé d’accepterplus d’une seule monnaie. Pas à pas.

8. Cellules cancérigènes vertes

Le fait que les États-Unis ne laissentque croître leur « dette extérieure » et aillent jusqu’à utiliser laforce militaire pour prolonger cette exploitation, fait qu’on ne peutplus parler d’une dette extérieure normale, telle qu’on en connaît dansle commerce international entre les autres pays du monde. En ce quiconcerne les États-Unis, on peut parler de vol. On peut aussi parlerd’escroquerie ou de taxe impériale, que les États-Unis imposent auxusagers étrangers du dollar. Mais il y a plus.

Chaque billet de dollar est unereconnaissance de dette des États-Unis, une promesse qu’ils livrerontquelque chose en retour. Par la quantité énorme de ces reconnaissancesde dette qui a été mise en circulation, les États-Unis ne sont plus enmesure de rembourser leurs dettes depuis longtemps. Ils sont enfaillite. Il n’y a que le cours du dollar, qui donne l’apparence qu’ilne se passe rien. L’obligation de payer le gaz et le pétrole en dollarsmaintient une demande permanente. Le cours du dollar est cependantmaintenu de façon artificielle, comme par le stockage des dollars dansles banques centrales en Chine, au Japon, à Taiwan et dans d’autrespays. Comme cela signifie un appauvrissement de la population de cespays et que les États-Unis font monter leur dette extérieure de plus enplus vite, il viendra un moment où ces banques centrales devronts’arrêter de stocker. La question n’est donc pas, est-ce que le dollarva chuter, mais QUAND.

Comme le monde est trompé par le coursde change apparemment en bonne santé, beaucoup d’opérateurs dans lecommerce mondial acceptent encore ces billets qui se nichent danstoutes les économies du monde comme des cellules cancéreuses. L’issueest incontournable. Toutes les économies infectées seront entraînées lejour où la demande de dollars chute et l’empire des États-Uniss’effondrera.



source:www.europe2020.org

 

Ajouté le <%EntryTime%> à 20/7/2007
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